23 novembre 2011
76e étape Tananarive - Saint Denis (469 milles)
Tananarive. Six juillet 2010. Une bonne étape océanique, mais pas trop longue, qui m'emmène en terres française, à Saint Denis.

496 nautiques, 1h32 prévues. J'emporte le maxi de carburant sans bidon : 257 gallons, soit 90 gallons de plus que prévoit FS. Pour l'instant, ce qui est virtuel est gratuit...

6 heures 23, autorisé à rouler. Moteur.

Huit minutes plus tard, je suis sur le seuil de la piste 11. Attente du traffic.

6h35. Décollage.

On prend le cap au 120 et on grimpe vers le FL 295.
180 Mph pour 1000 Ft/minute, boost 9 à 2400 tours. Tout baigne.



6h59. On passe le trait de côte à l'altitude de croisière que l'on vient d'atteindre.

Cinquante minutes de survol d'un océan Indien calme et docile.


Sept heures cinquante. Il reste 92 nautiques. Il faut commencer à descendre.


Terre !

Les meilleures conditions se réunissent pour un atterrissage facile : comment être mieux accueilli ?

5 milles de la piste. J'affiche l'approche qui va bien. Le train est sorti.


Autorisé à atterrir sur la 14. 144 Mph (en décroissance vers 110), 2400 tours, boost 0, vario moins 300 ft, tout ça à l'air bon. Surtout si je reviens sur l'axe...

Volets sortis. Donner un peu de manche en avant quand ils sortent sinon on prend deux cent pieds d'un coup ! On perd 20 Mph, aussi : c'est le moment de vérifier que l'on n'est pas trop éloigné de la Vref...

Vraiment trop à droite ! Devait y avoir du vent... Pas possible ce mec...

En courte

Posé pas cassé (manquerait plus que ça !)

Tiens, je me suis offert une porte ? Moins loin pour la valise.

La montagne, l'océan, je sens que je vais rester un moment...

1h39 de vol, GS moyen 285 Kt, conso totale 116 gallons : j'avais de quoi me dérouter vers Maurice !

02 octobre 2011
75e étape Mbabane-Antananarivo (1006 milles)
C'est parti pour la plus longue étape depuis le départ de ce périple : 1 006 milles, 3h11 prévues. Ce sera aussi la plus rapide avec une vitesse sol moyenne de 328 noeuds (327,91 précisément), ce que je qualifierai de tout à fait honorable : cela représente quand-même 607,3 kilomètres dans l'heure, montée comprise.
Dans les années 1960, l'île de Madagascar était promise à un développement rapide du fait de la richesse de son sol et de son sous-sol. Les classes moyennes accédaient à l'université et seules les médiocres voies de communication parraissaient un frein à sa croissance.
Cinquante ans après, les médiocres voies de communication sont devenues franchement exécrables. Exacerbées par la rivalités des capitaux étrangers, les rivalités internes ont tué le développement et la pauvreté n'est pas près de cesser de s'étendre. Madagascar est entrée de plein pied dans le XXIe siècle : celui des nouveaux barbares.
La France pareillement ? Non !!! Qu'est-ce qui vous fait penser ça ? Les rivalités internes exacerbées par la rivalité des capitaux étrangers ! En France ! N'importe quoi. Allez, on décolle et on parle d'autre chose.
1er juillet 2010, 12h35 heure locale. Beau temps, on part pour du VFR.Durée prévue 3h11. Les bidons externes prévus au manuel de vol sont ajoutés dans le décompte du carburant, donc dans le poids de l'avion, mais, virtuels de chez virtuels vous ne les verrez pas et ils ne s'ajoutent pas à la traînée. En partant sans traîner, on ira plus vite... CQFD. Moteur !

Nous voilà prêts au décollage.

Mine de rien, le décollage, c'est la partie pas facile. Un vrai Spit, je suis à peu près certain de le mettre sur le dos, malgré ma virtuelle expérience. Roue arrière bloquée dans l'axe, hélice plein petit pas, mélange légèrement apauvri (nous sommes à 2000 pieds), freins relâchés, on accélère dooouuucement en mettant franchement du pied à droite au fur et à mesure que l'on prend de la vitesse. Avec ce modèle, lorsque j'arrive à boost 7 ou 8, je suis obligé de mettre un coup de frein sur la roue droite malgré le pied tout à droite afin d'éviter que le couple énorme ne m'embarque à gauche. A partir de 100 Mph, on lui demande poliment s'il veut bien prendre de l'altitude en tirant doooouuuucement sur le manche sinon on décolle en second régime. Lorsqu'il est très chargé comme ici, il se sent bien au sol et attend 120 Mph pour réagir. Là, on peut le secouer et le décoller d'un coup de manche.
Ah ! Si on décolle au second régime, qu'est-ce que l'on fait ? Boost 16, un coup de manche à droite à la demande mais pas trop et ça part comme une fusée. Alors pourquoi pas boost 16 quand on roule ? Parce que l'on passe sur le dos immédiatement. Ben oui, il y a du couple.
Pas trop sur la ligne médiane. Celà aiderait de la voir. Boost 10. C'est trop. Un pro ne dépasserait pas 7 pour l'arracher du sol.

C'est parti !

Train sur rentré, hélice à 2400 tours, on vise 180 Mph pour 1 000Ft/min et on va chercher le cap au 82.


Beeen... ça grimpe ! Tout va bien !

Le canal du Mozambique vient barrer l'horizon.

Nous voilà rendus à 29 500 pieds. La montée a duré 28 minutes. Je laisserai "The Last" monter au fur et à mesure qu'il s'allège. Plus que trois heures. En fait, moins parce qu'on va prendre bien de la vitesse (et je devrais déjà avoir augmenté le pas d'hélice).

Plus tard...

... plus tard encore, au dessus du trait de côte. On file 352 Kts sur le sol.

Mada sous les ailes !

Début de la descente 2h43 après le décollage.

30 nautiques de l'aéroport. C'est le moment de demander l'autorisation d'atterrir pour faire l'approche. Déjà passablement ralenti.

Alignement vers la finale.

Dans l'axe, 118 Mph. Train sorti, volets sortis, sortie ouverte, richesse réglée. Je crois bien que j'ai oublié l'hélice plein petit pas et que je me suis posé comme ça.

On saura jamais.

Pas d'image du parking : sur ces longues distance, FS me plante à l'entrée du taxiway. J'ai sauvegardé l'analyse juste avant :

1006 milles, 3h04 de vol, 3h17 estimés de bloc à bloc, seulement 215 gallons consommés grâce au vent arrière. J'étais parti avec 347 gallons pour une conso prévue de 247 sans vent. Il y avait de la réserve !
16 mai 2011
74e étape Maseru-Mbabane (263 milles)
Belle promenade par beau temps entre Maseru (capitale du Lesotho) et Mbabane (capitale du Swaziland). Ces deux petits pays, dont le premier est complètement enclavé dans l'Afrique du Sud, sont restés colonies britaniques jusqu'à leur indépendance (en 1966 et 1968).
Survol de la province sud-africaine du Kwazulu-Natal, où sont venus s'installer les zoulous vers le XVIe siècle, et les Boersà la fin du XIXe. Non sans combats, mais les zoulous ne l'ont pas joué réglo : ils ont liquidé un peu vivement les émissaires Boërs invités à signer un traité leur permettant de s'installer, ce qui a pas mal compliqué leurs relations. Peut-être les zoulous avaient de quoi s'inquiéter au vu des méthodes un peu fougueuses employées précédemment par les Boërs dans ce qui est devenu le Lesotho.
Depuis ces épisodes barbares, la civilisation occidentale est venue apporter la paix et la prospérité. A cette fin, les anglais y ont d'ailleurs inventé les premiers camps de concentration qui, depuis, ont prospéré comme on sait. On a aussi séparé blancs et noirs afin d'éviter tout pugilat entre communautés (quoique ni le Lesotho ni le Swaziland n'aient pu profiter de cette si prudente organisation sociale). On se sait plus quoi inventer pour étendre notre si pacifique démocratie.
Un voyage en Afrique du Sud ne saurait se terminer sans visiter toute cette magnifique région. On y crée de grandes réserves dont les habitants ont été gentiment priés de déguerpir car l'homme est l'ennemi de la nature. Par un pur hasard, mais n'y voyez aucune relation de cause à effet, les fermes animales de ces réserves produisent tellement de lions que le seul moyen d'en éviter la surpopulation est de les chasser aussi. Voyez comme cela aurait été dangereux si les bushmens étaient restés...
Homme blanc y en a bon chasseur. Disons que c'est ainsi qu'il voit les choses...
Là-dessus, on va prendre un peu d'altitude. Virtuelle : chacun ses moyens, n'est-ce pas ? Mais pacifique : "The Last" n'est pas armé, j'aime le rappeler de temps en temps.
26/06/2010, date réelle. 6h50 heure virtuelle. Vol VFR pour une durée prévue de 50 minutes.

Contact, moteur, autorisation de rouler, "The Last" ronronne comme un gros chat.
6h55 : autorisation de décoller.

Et "The Last" prend son envol dans l'azur africain...

On passe 26 000 pieds.

Ça a bien roulé : 377 Kt en moyenne sur le palier à 29500 pieds. A 7h39 heure Maseru, on redescend.

Eh oui, ça descend... Généralement, je ne dépasse 340 Kt pour me garder un peu de marge !

Autorisé à atterrir. Encore un peu haut, mais rien de grave à cette distance de la piste.

8 h tout rond : posé par cassé. Désolé pour la trace de guidage... C'est pas beau (mais il n'y a pas d'autre moyen de trouver le bon parking sur FS lorsque l'on a pas le plan de l'aéroport).

Parking à 8h03. Pile poil une heure de vol. GS Moyen : 263 Kts.

